La car policy, ou politique automobile, est le document de gestion de flotte qui fixe qui reçoit un véhicule, lequel, pour quel usage et comment il est rendu. En 2026, ses choix pèsent plus lourd : la taxe incitative, due dès 100 véhicules par les flottes en retard sur leur objectif de véhicules à faibles émissions, double son tarif, à 4 000 €, et une voiture louée attribuée depuis février 2025 crée un avantage en nature de 50 % de son coût global annuel hors carburant, contre 30 % pour une voiture attribuée avant. Pour une flotte de 100 véhicules et plus, la bonne car policy tient en six rubriques, avec des catégories par fonction, un plafond de 120 g de CO₂/km, l'électrique admis partout et l'usage privé signé par avenant au contrat de travail.
L'essentiel
- 100 véhicules et plus : six rubriques, catégories par fonction, plafond de 120 g de CO₂/km, électrique dans chaque catégorie.
- En 2026, plafonner à 120 g plutôt qu'à 140 g économise jusqu'à 800 € de taxe CO₂ par voiture et par an.
- Une voiture louée à 9 000 € de coût global annuel crée 4 500 € d'avantage en nature en thermique, 1 350 € en électrique.
- Usage privé par avenant, sanctions au règlement intérieur après avis du CSE (comité social et économique).
Car policy : la réponse selon la taille du parc
Le seuil de 100 véhicules de la taxe incitative change ce que la car policy doit chiffrer.
| Taille du parc | La bonne car policy | Pourquoi |
|---|---|---|
| Moins de 100 véhicules | Un document court : catégories, usage, frais, amendes | Pas de taxe incitative, et une flotte souvent gérée en plus d'un autre poste. |
| De 100 à 300 véhicules | Six rubriques, budget en coût complet, plafond de 120 g, électrique admis | La taxe incitative vise 18 % de véhicules à faibles émissions en 2026. |
| Plus de 300 véhicules | Le même socle, appliqué par un catalogue et un circuit de validation | Plus de 75 commandes par an sur des contrats de 4 ans, chacune à vérifier contre la car policy. |
Le modèle de car policy, rubrique par rubrique

La car policy sert de socle aux méthodes de gestion de flotte : commandes, attributions, frais et restitutions y suivent les mêmes règles. Le modèle tient en six rubriques et distingue le véhicule de fonction, attribué avec un usage privé, du véhicule de service, réservé aux déplacements professionnels.
| Rubrique | Contenu type | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Bénéficiaires | Fonctions, catégorie, budget | Mêmes critères pour un même poste |
| Choix du véhicule | Catalogue, énergies, plafond de CO₂ | Options comprises dans le budget |
| Usage | Fonction ou service, conducteurs autorisés | Usage privé des véhicules de service interdit par écrit |
| Frais | Carburant, recharge, péages | Borne au travail sans avantage en nature jusqu'à fin 2027 |
| Entretien et sinistres | Révisions, déclaration des sinistres | Délai de déclaration fixé |
| Amendes et restitution | Désignation du conducteur, état de retour | Aucune retenue sur salaire |
Depuis le 1er janvier 2017, le représentant légal d'une société désigne le conducteur d'une contravention sous 45 jours, sinon la société encourt 675 € d'amende, selon la page de l'ANTAI sur la désignation du conducteur. Pour la restitution, un salarié dispensé par l'employeur d'exécuter son préavis garde son véhicule de fonction pendant ce préavis, même si son contrat prévoit le contraire (Cour de cassation, 11 juillet 2012).
Point de vigilance : retenir une amende sur le salaire, même prévue au contrat : seule une faute lourde permet à l'employeur de faire payer un salarié (Cour de cassation, 17 avril 2013).
Choix des véhicules : budget, énergies et émissions

Chaque catégorie reçoit un budget en coût complet de détention, le TCO (loyer, énergie, entretien, assurance, taxes, cotisations), car le seul loyer ignore les taxes qui départagent deux modèles. Le tableau suivant donne la taxe annuelle CO₂ 2026 d'une voiture affectée toute l'année, selon le barème WLTP (méthode d'homologation des émissions) de l'article L421-120 du code des impositions sur les biens et services.
| Émissions (WLTP) | Taxe CO₂ 2026 (€) |
|---|---|
| Électrique | 0 |
| 120 g de CO₂/km | 383 |
| 140 g de CO₂/km | 1 183 |
Plafonner à 120 g plutôt qu'à 140 g économise jusqu'à 800 € par voiture et par an : le plafond devient une règle de budget.
Depuis le 1er mars 2025, la taxe incitative remplace le quota LOM, l'ancienne part minimale imposée de véhicules à faibles émissions, selon le ministère de la Transition écologique. D'après le commentaire du BOFiP sur la taxe incitative, publié par l'administration fiscale, cette taxe multiplie un tarif par l'écart à un objectif annuel et par le taux de renouvellement des véhicules très émetteurs : objectif de 18 % et tarif de 4 000 € en 2026, contre 15 % et 2 000 € en 2025, puis 25 % et 5 000 € en 2027. Admettre l'électrique dans chaque catégorie réduit cet écart à chaque commande.
Avantage en nature : le barème 2026

Selon l'Urssaf, l'usage privé est un avantage en nature soumis à cotisations, sauf si le véhicule est rendu à chaque repos hebdomadaire et pendant les congés, ou si son usage pendant ces périodes est interdit par écrit. Cet avantage s'évalue au forfait ou sur les dépenses réelles.
Règle de gestion : la car policy classe chaque véhicule en fonction ou en service, et interdit par écrit l'usage privé des véhicules de service.
Le tableau suivant donne ce forfait annuel pour un véhicule mis à disposition depuis le 1er février 2025, selon le barème des avantages en nature publié par l'Urssaf.
| Véhicule (base du forfait) | Sans carburant | Avec carburant |
|---|---|---|
| Acheté, 5 ans ou moins (coût d'achat) | 15 % | 20 % |
| Loué (coût global annuel) | 50 % | 67 % |
Une électrique attribuée depuis cette date et conforme au score environnemental (la note exigée pour le bonus écologique) bénéficie d'un abattement de 70 %, plafonné à 4 641,60 € en 2026, l'électricité payée par l'employeur restant hors calcul. À budget égal, une catégorie électrique allège donc les cotisations du conducteur et de l'entreprise.
Contrat, avenant ou règlement intérieur : quel support ?
L'usage privé et la restitution d'un véhicule de fonction relèvent du contrat de travail ou d'un avenant, car selon la Cour de cassation (24 mars 2010), seule une clause contraire permet de retirer ce véhicule pendant un arrêt maladie. Les sanctions relèvent du règlement intérieur, obligatoire dès 50 salariés pendant 12 mois consécutifs, selon Service-public. Une note de service qui fixe des obligations générales et permanentes en matière de sanctions est traitée comme un ajout à ce règlement, selon l'article L1321-5 du Code du travail, et requiert l'avis du CSE.
Ce que ça change pour vous
Gestionnaire de flotte. Une demande hors catalogue ou au-dessus de 120 g se refuse en citant une règle écrite. La car policy fixe aussi le circuit des amendes, pour désigner le conducteur sous 45 jours et éviter 675 € par avis.
DAF. Le plafond d'émissions et la place de l'électrique fixent deux taxes dès la commande : 800 € de taxe CO₂ par an entre 140 g et 120 g, et la taxe incitative, calculée sur l'écart à un objectif relevé chaque année jusqu'à 48 % en 2030. Un budget en coût complet par catégorie rend ces écarts visibles dès la validation du catalogue.
Ressources humaines. Le classement en fonction ou en service décide de l'avantage en nature. Il vaut 50 % du coût global annuel d'une voiture louée attribuée depuis février 2025, et rien pour un véhicule de service à usage privé interdit par écrit.
Le calcul en détail
Une voiture louée en 2026, à 9 000 € de coût global annuel TTC (loyer, entretien, assurance) et 40 000 € de prix d'achat TTC par le loueur, sans carburant, crée un avantage de 50 % × 9 000 € = 4 500 € en thermique, sous le plafond égal à l'avantage du même véhicule acheté (15 % × 40 000 € = 6 000 €). En électrique, l'abattement de 70 % (3 150 €) reste sous les 4 641,60 € : l'avantage tombe à 1 350 €. À budget égal, la catégorie électrique retire donc 3 150 € par conducteur et par an de la base des cotisations.
Quel impact pour votre car policy ?
Pour une flotte de 100 véhicules et plus, la réponse est nette : six rubriques, des catégories par fonction avec un budget en coût complet, un plafond de 120 g de CO₂/km et l'électrique admis dans chaque catégorie. L'usage privé se signe par avenant, les sanctions entrent au règlement intérieur après avis du CSE, et le catalogue se révise chaque année avec les deux taxes.
Ce que Drivein calcule pour vous
Drivein digitalise votre car policy dans un catalogue de véhicules relié à un circuit de validation des commandes. Chaque demande de véhicule suit ainsi les catégories, les budgets et les énergies de votre politique automobile jusqu'à la commande.
Les informations présentées sont à titre indicatif et reflètent la réglementation en vigueur pour 2026.

