L'obligation d'installer une borne de recharge de véhicules électriques vise les parkings des bâtiments non résidentiels : depuis le 1er janvier 2025, un parking existant de plus de 20 places compte au moins un point de recharge, puis un par tranche de 20 places. En 2026, plus aucune prime Advenir ne finance les bornes des flottes. Pour une flotte de 100 véhicules et plus, ce minimum ne suffit pas : la bonne organisation est un point de 7,4 kW par véhicule électrique garé la nuit sur un site, une borne à domicile pour les véhicules de fonction et un installateur qualifié pour les bornes (qualification IRVE).
L'essentiel
- Flotte de 100 véhicules et plus : un point de 7,4 kW par véhicule électrique garé la nuit, une borne à domicile pour les véhicules de fonction.
- Parking existant de plus de 20 places : un point, puis un par tranche de 20 places, soit 5 points pour 100 places.
- Plus de prime Advenir pour les bornes des flottes depuis le 1er janvier 2023.
- Recharge au travail sans avantage en nature jusqu'au 31 décembre 2027.
Bornes de recharge : la réponse selon la taille du parc
La loi fixe un minimum par parking, alors que le besoin d'une flotte se compte en véhicules électriques garés sur chaque site.
| Taille du parc | La bonne organisation | Pourquoi |
|---|---|---|
| Moins de 100 véhicules | Le minimum légal, plus un point de 7,4 kW par véhicule électrique garé la nuit | En 8 heures, ce point rend 247 à 493 km d'autonomie, hors pertes. |
| De 100 à 300 véhicules | Un plan d'équipement site par site, et une borne à domicile pour les véhicules de fonction | Chaque véhicule se recharge là où il passe la nuit. |
| Plus de 300 véhicules | Le même plan, avec un cahier des charges commun à tous les sites | Les offres des installateurs se comparent sur les mêmes bases. |
Borne de recharge de véhicules électriques : les obligations

Le tableau suivant reprend les seuils du Code de la construction applicables en 2026.
| Bâtiment non résidentiel | Seuil | Obligation |
|---|---|---|
| Existant | Plus de 20 places | Un point, puis un par tranche de 20 places |
| Neuf ou rénovation importante | Plus de 10 places | Une place sur cinq pré-équipée, une place PMR équipée |
| Neuf ou rénovation importante | Plus de 200 places | Deux places équipées, dont une réservée PMR |
Selon l'article L113-13 du Code de la construction sur les parkings, le premier point se trouve sur une place accessible aux personnes à mobilité réduite (PMR), et un parking de 100 places en compte au moins 5, moins si le réseau électrique exige des travaux importants. Une rénovation importante coûte au moins un quart de la valeur du bâtiment hors terrain, et le pré-équipement désigne les conduits et l'alimentation prêts à recevoir une borne. L'article L113-14 écarte ces obligations quand les bornes et leur raccordement dépassent 7 % du coût de la rénovation, et pour le bâtiment possédé et occupé par une PME. Ces seuils s'ajoutent aux obligations de renouvellement de la flotte dès 100 véhicules légers.
La directive (UE) 2024/1275 du 24 avril 2024 va plus loin au plus tard le 1er janvier 2027 : au-delà de 20 places, un point pour 10 places, ou des gaines pour câbles sur la moitié des places. Une fois transposée, elle demandera à un parking de 100 places 10 points au lieu de 5, ou des gaines sur 50 places : un site qui s'équipe en 2026 prévoit donc ces gaines dès les travaux.
Quelle puissance choisir pour la recharge au travail ?

Le tableau suivant reprend les niveaux du programme Advenir et la durée pour recharger 100 km à pleine puissance, à 12 à 24 kWh/100 km selon l'ADEME en 2026, hors pertes.
| Type de recharge | Courant | Puissance (kW) | Durée pour 100 km (h) |
|---|---|---|---|
| Lente | alternatif, 230 V | jusqu'à 7,4 | 1,6 à 3,2 |
| Semi-accélérée | alternatif, 400 V, 16 A | 11 | 1,1 à 2,2 |
| Accélérée | alternatif, 400 V, 32 A | 22 | 0,5 à 1,1 |
| Rapide | continu | plus de 22, jusqu'à 350 | variable |
En 8 heures, une borne de 7,4 kW délivre jusqu'à 59,2 kWh, dans la limite de la batterie et du chargeur du véhicule. Un point lent suffit donc au véhicule qui passe la nuit sur le site, et les points de 11 ou 22 kW servent aux véhicules partagés qui rechargent entre deux missions. Le courant continu, jusqu'à 350 kW selon l'Avere-France, sert aux arrêts courts.
Installateur qualifié IRVE : une obligation
Depuis le décret du 4 mai 2021, une IRVE (infrastructure de recharge pour véhicules électriques) est installée et entretenue par un professionnel qualifié, règle reprise dans le code de l'énergie par le décret du 30 juin 2024 sur la qualification des installateurs. L'exception des installations de 3,7 kW au plus ne vaut pas sur un site d'entreprise, où la recharge est la fonction principale de la borne.
Aides et avantage en nature : la situation en 2026

Depuis le 1er janvier 2023, le programme Advenir ne finance plus les bornes des flottes et des salariés, selon sa page dédiée aux flottes, et ses dernières primes, réservées aux services de l'automobile et à la location courte durée, ont fermé le 1er janvier 2026. Le coût d'une borne d'entreprise entre donc sans aide dans le coût complet de détention (le TCO) des véhicules électriques.
Selon la page de l'Urssaf sur les avantages en nature, l'usage personnel d'une borne du lieu de travail n'entraîne aucun avantage en nature jusqu'au 31 décembre 2027. L'électricité payée par l'employeur n'entre pas non plus dans l'avantage en nature d'un véhicule de fonction électrique. Pour un véhicule mis à disposition depuis février 2025, cette règle exige en plus qu'il atteigne le score environnemental minimal (l'éco-score). Pour une borne posée au domicile du salarié et laissée en place après son départ, l'Urssaf ne retient aucun avantage en nature si l'employeur paie au plus 50 % des dépenses réelles, dans la limite de 1 057,10 € en 2026 pour une borne de moins de 5 ans (75 % et 1 585,50 € au-delà de 5 ans).
Ce que ça change pour vous
Gestionnaire de flotte. Le nombre de points se calcule site par site : un parking de 100 places impose 5 points, quand 20 véhicules électriques garés la nuit en demandent 20 à 7,4 kW. Chaque pose et chaque maintenance relève d'un professionnel qualifié IRVE, y compris pour une borne de 7,4 kW au domicile d'un conducteur.
DAF. Sans prime Advenir depuis 2023, la borne, sa pose et sa maintenance entrent en totalité dans le TCO des véhicules électriques. Le budget se prévoit site par site, en incluant dès 2026 les gaines attendues pour l'échéance européenne de 2027.
Ressources humaines. La recharge personnelle au travail reste sans avantage en nature jusqu'au 31 décembre 2027. Une borne à domicile laissée au salarié à son départ n'en crée pas si l'employeur a payé au plus 50 % des dépenses, dans la limite de 1 057,10 € en 2026. La car policy (le règlement d'usage des véhicules) reprend ce plafond par conducteur.
Le calcul en détail
La durée de recharge se calcule ainsi : durée (h) = énergie à recharger (kWh) ÷ puissance de la borne (kW). À 12 à 24 kWh/100 km, les 59,2 kWh de 8 heures à 7,4 kW couvrent 247 à 493 km hors pertes, assez pour un véhicule qui roule moins de 247 km par jour. En 1 heure entre deux missions, un véhicule partagé récupère 46 à 92 km à 11 kW, et 92 à 183 km à 22 kW s'il accepte cette puissance.
Pour une borne à domicile laissée au salarié, le plafond de 1 057,10 € remplace la règle des 50 % au-delà de 2 114,20 € de dépenses : à 2 400 €, la part exonérée reste de 1 057,10 €, et non de 1 200 €.
Quel impact pour votre flotte ?
Pour une flotte de 100 véhicules et plus, la réponse est nette : le minimum légal n'est qu'un plancher, et l'équipement se dimensionne site par site, avec un point de 7,4 kW par véhicule électrique garé la nuit, une borne à domicile pour les véhicules de fonction et un installateur qualifié IRVE. Sans prime Advenir, ce coût entre dans le TCO de chaque véhicule électrique.
Ce que Drivein calcule pour vous
Drivein suit en temps réel le coût complet de la flotte, ventile ses coûts véhicule par véhicule et simule les renouvellements dans son pilotage des coûts. Vous arbitrez ainsi chaque passage à l'électrique sur le coût réel de vos véhicules.
Les informations présentées sont à titre indicatif et reflètent la réglementation en vigueur pour 2026.

